Synchrones

Charlemagne (couronné emperreur en 800) était contemporain de Haroun Ar-Rachid, grand Calife Abbasside établi à Baghdad

Le règne de Hugues Capet (avènement 987) s’est déroulé durant l’apogée du Chiisme dans le monde arabo-musulman, incarné par le Califat Fatimide et la tutelle Bouide sur la Perse et l’Irak abbassides.

Les croisades (1095 à 1204) se sont heurtées aux forces musulmanes sunnites dominées par les Seldjoukides et les Kurdes ayoubides

1370, Triomphe de Tamerlan, victoire de Bertrand du Guesclin contre les Anglais, développement des thèses de Ibn Khaldoun

Constantinople chute en 1453 et l’Andalousie arabe chute en 1492

Le règne de Charles Quint (1519 – 1546) intervient au moment où les Ottomans constituent leur empire

Le règne d’Ibn Saoud sur l’Arabie commence en 1744 et la révolution française éclate en 1789

1830 marque le début d’une période de révoltes en Europe et le début de la colonisation française en Algérie

1944, année de naissance de l’Arab American Petrolium Company (ARAMCO) : tout un programme !

Croissant

 

Dans la tradition chrétienne, le croissant est surtout connu dans la représentation de la Vierge selon le verset 1 du chapitre 12 de l’Apocalypse de Saint Jean “Et un grand signe parut dans le ciel, une femme revêtue du soleil ayant la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles”. Byzance avait le croissant comme emblême avant Jésus Christ, et Constantin lui donna une signification religieuse en dédiant la ville à la Vierge et en adoptant un emblême composé du croissant et d’une étoile. La monnaie byzantine portait cet emblême. Les églises russes sont souvent surmontées – y compris de nos jours – du croissant et de la croix. L’église de Vienne était surmontée du croissant et d’un soleil jusqu’en 1686.

Dans la tradition musulmane, le croissant n’est pas à proprement parler un symbôle religieux mais un symbôle identitaire. Il apparaît au XIème siècle chez les Seldjoukides à leur entrée en Asie mineure. Ils frappent leur monnaie avec cet emblême, et Saladin (seconde moitié du XIIème siècle) l’arbore sur son étendard. Les Ottomans (1453 – 1918) frappent leur monnaie avec un croissant et figurent des croissants dans leurs armureries. Mais il faut attendre le règne de Sélim III (1789 – 1807) pour voir le premier drapeau ottoman avec un croissant debout et une étoile à 6 branches, puis 8 puis 5 branches vers 1840. Le croissant est utilisé en ornement au sommet des mosquées sans pour autant avoir une signification religieuse. Il figure également sur les drapeaux de la Turquie et de plusieurs pays arabes issus de l’Empire Ottoman.

Des noms lourds à porter

Les noms propres, noms et prénoms arabes, ont un sens. Certains noms au sens plutôt négatif peuvent être lourds à porter si l’on se réfère à leur éthymologie. Aarbid signifie ivrogne; Aarian ne sait pas garder un secret; Aatrissi est colérique et violent; Dagher est méprisable; Kanaan est replié sur lui-même, honteux voire lâche; Jaajaa est une cellule de prison ou un grand bavard; Lahd est celui qui s’écarte du droit chemin mais c’est aussi une tombe; Lakkis est un fauteur de troubles; Merhej est poussiéreux ou subversif; Moghabghab est un commerçant qui roule sa clientèle; Nakad porte la poisse, ou est pingre. Quant à Seniora, c’est le nom d’une encéphalite du mouton. Mais il est vrai qu’on ne choisit pas son nom. En revanche, on peut choisir le prénom de son enfant et il est étonnant de voir des parents appeler leur enfant Nizar, nom qui désigne celui qui persévère dans le mal; ou Mouawiya – comme le célèbre calife ommeyade – qui veut dire chiot ou chienne en rut; Othman – un autre calife – veut dire serpenteau. Quant à Arwa, prénom féminin, il désigne en effet un groupe de bestiaux femelles. Pardon madame, pardon messieurs, mais la linguistique est impitoyable.

Architectures témoins

Porte nabatéenne de Petra : El Khazneh, vers 25

Arc romain à Rome : Arc de Constantin, 307 

Cathédrale byzantine à Istanbul : Sainte Sophie, 537

Mosquée omeyyade à Jérusalem : Al Aqsa, 715

Palais omeyyade à Damas : Qasr el hay el Gharbi, 727

Mosquée omeyyade de Cordoue : Grande Mosquée, 784 – 786, 961 – 966, 987 – 990

Minaret abbasside à rampe en spirale : mosquée de Samarra construite à partir de 847

Mosquée abbasside au Caire : Ibn Touloun, bâtie entre 876 et 879

Mosquée aghlabide, ziride et hafside de Qairaouan : fondée en 836, restaurée en 1294

Mosquée fatimide de Mahdia : construite en 916

Mosquée fatimide au Caire : Al Azhar, 970 – 972

Forteresse croisée près de Homs : Krak des Chevaliers, vers 1142

 Mosquée Almohade à Marrakech : la Koutoubiya, vers 1150, minaret de 60 m 1184 – 1199

Cathédrale gothique à Paris : Notre Dame de Paris, vers 1163

Cathédrale romane Saint Jacques de Compostelle, achevée 1211

Medrassa abbasside à Baghdad : Al Mustansir, 1233

Medrassa ayoubide à Alep : Al-Ferdawsi, 1234 – 1247

Bassin à ablutions Mamelouk de la mosquée d’Ibn Touloun au Caire : ajouté 1296 – 1298

Palais gothique à Sienne : Palazzio Pubblico, 1309

Citadelle ayyoubide et mamelouk d’Alep : 13ème au 16ème siècle

Mausolée mamelouk au Caire : Barquq, 1399 – 1412

Cathédrale Renaissance en Italie : Duomo de Florence, 1436

Cathédrale gothique à Séville : Cathédrale de Séville, 1520

Complexe ottoman à Istanbul : Suleymaniyeh, 1550 – 1557

Jardins Renaissance en Italie : Villa d’Este, Tivoli, 1572

Châteaux Renaissance en France : Chambord, 1576 ; Fontainebleau, 1586

Mosquée de la période Safaouide à Ispahan : Masjid i-Shah, 1612 – 1637

Palais ottoman à Istanbul : Topkapi, 1635

Palais ottoman à Damas : Palais ‘Azam, 1749

Palais baroque en France : Château de Versailles, 1772

Mosquée de la période ottomane tardive au Caire : Mohammad Ali, 1830 – 1848

 Composition urbaine néoclassique à Paris : Rue de Rivoli, 1855